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Noël et Clotilde

89 / 91 bd Auguste Blanqui
75013 Paris
tel : +33145801502
fax : +33145885873

   

PASQUIER est représenté par les galeries

LIVING WITH ART

New York, USA

Galerie PEIRCE
Paris, France
   

Parcours spécifiques

     Mise en place, 2005, Paris       11 sept. / 5 oct. 2002
     Galerie Nichido, Paris  
     déc. 1998 / janv. 1999
     Monnaie de Paris
     1,5 min., 1996
 

Critiques / Critics / Criticas de arte


Mercredi 6 mai 2009

Au fond de la matière pousse une végétation obscure.

Dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires.

Elles ont déjà leur velours et la formule de leur parfum.

Gaston Bachelard - L'eau et les rêves

Dans son "Essai sur l'imagination de la matière, L'eau et les rêves" (Éditions José Corti, Livre de poche, 1993), Bachelard se propose d'aller à la racine même de la force imaginanteles images de la matière on les rêve substantiellement, intimement en écartant les formes, les formes périssables… On retrouve dans l'œuvre peint de Noël Pasquier cette recherche fondamentale, cette poétique de la matière que les philosophes de l'antiquité grecque ramenaient aux principes des quatre éléments : l'eau, l'air, la terre et le feu, que Bachelard considère comme toujours valables et qu'il pense sous la domination du rêve.

C'est dans cette voie des racines de l'imagination de la matière que l'on cerne le mieux la démarche créative de Noël Pasquier. D'abord figuratif, il s'achemine progressivement vers l'abstraction, mais celle-ci reste toujours ancrée dans une expérience existentielle des éléments d'un paysage, on peut parler à son propos de paysagisme abstrait. Il commence à produire à la fin des années cinquante, période où l'abstraction lyrique est encore dominante. Celle-ci s'est développée simultanément des deux côtés de l'Atlantique pour donner l'Abstraction lyrique de l’École de Paris ou encore l'Art informel et l'Action Painting américaine.

Le lyrisme revendiqué par ces mouvements : expression des émotions, improvisation, vitesse, participation intense du corps, voulait réagir à la froideur intellectuelle de l'abstraction géométrique d'un Mondrian qui avait triomphé avant-guerre avec le mouvement De Stijl.

La découverte de l'inconscient par Freud et ses applications à la méthode psychanalytique influence les surréalistes qui trouvent dans l'écriture automatique une possibilité d'explorer cet imaginaire primitif, cet inconscient où le corps, le geste spontané jouent un rôle primordial ainsi que les rêves. Les rêves de l'enfant sont la plupart du temps de nature organique.

L'écriture gestuelle permet l'improvisation sous la domination de l'émotion, elle est effusion ou envolée lyrique. Elle n'est pas sans rapport avec les expériences des surréalistes sur le dessin automatique.

Après la deuxième guerre mondiale, l'Europe avec l'occupation américaine découvre massivement le jazz, symbole d'une liberté retrouvée, d'une joie de vivre mise à mal par la répression nazie. La double formation de Pasquier, à la fois musicale (pianiste, organiste) et picturale - il a longtemps hésité entre les deux carrières - lui ouvre des possibilités qui le mèneront à la recherche d'un Art Total. Dans les années 67-70, il créera un Festival d'Art Total.

C’est alors qu’il côtoie Serge Gainsbourg, à l'époque où ils bénéficient l’un et l’autre d’ateliers à la Cité Internationale des Arts de Paris, et s'adonne avec ses amis musiciens à des improvisations picturales au son du jazz. Il reprend cette pratique de nombreuses fois, notamment en 2006, au Centre Georges Pompidou, pour la Nuit de la Poésie (peinture, musique, danse et poésie) où il improvise, face au public, sur un support translucide tandis que sont lus des poèmes de Georges-Emmanuel Clancier et d’une trentaine d’écrivains. 

Revenons à cette poétique de la matière, caractéristique de l'art de Pasquier. S'il est possible de l'examiner en fonction de la classification des philosophes grecs selon les quatre éléments, il semble que l'eau, vu ses thèmes se rapportant le plus souvent à la mer, soit l'élément prépondérant. Né sur les rivages de la Méditerranée, il a fréquenté aussi intimement ceux de l'Atlantique et particulièrement de la Bretagne : une maison familiale dans le Finistère, dénommée À fleur d'eau, abrite ses rêves d'enfant et d'adolescent, et lui permet encore aujourd’hui de se ressourcer. Cette expérience sera essentielle dans le choix de ses thèmes et l’une des sources de son style.

Quand j'étais enfant, dit-il,  j'inventais ce bleu de la mer, ce blanc de l'écume des vagues et des ailes des oiseaux…

On rêve avant de contempler, disait Bachelard. Avant d'être un spectacle conscient, tout paysage est une expérience onirique.

                                                                                                  Avril 2009
Extrait du catalogue du Centre d'Arts Plastiques de Royan, disponible à la vente à partir du 11 juillet

 

 

Mercredi 13 février 2008
undefined undefined Les « EMPREINTE DU TEMPS »

Sur les murs du centre d’art Passerelle de Brest, en 2001, le spectateur a pu suivre «les empreintes» de Noël Pasquier (goudron sur plastique et papier), telles celles de «l’Erratum musical» de Marcel Duchamp en 1913, encre sur feuille de papier à musique : «Faire une em-preinte mar-quer des traits une fi-gure…».
Elles défient notre pensée, revêtues d’une certaine gravité qui requiert d’ouvrir la perspective et de tendre notre regard «entre l’objet singulier et la stratification, l’épaisseur anthropologique dont il met en œuvre une sorte de mémoire déformante».  
Chaque empreinte libère une singularité et un paradoxe car elle est à la fois «unique comme emprise corporelle et universalisable comme reproduction sérielle». Elles ont le pouvoir de nous interroger, de nous toucher, elles inventent une mémoire des formes «un jeu cruel du désir et du deuil».
Une œuvre plus profonde, plus intériorisée, plus dramatique et plus nocturne mais céleste aussi, que l’artiste nous invite à découvrir, où résident la fragilité du souvenir et l’empreinte furtive et souvent fortuite d’une forme.
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Téléchargez la présentation "Installations et empreintes" (25 M°)

Visionnez les empreintes exposées au MAN en 2007 (de 9mn 50sec à 15min) et commentées par Lydia Harambourg, historienne de l'art.
 

Mercredi 18 janvier 2006
restany.jpeg "L’imagination de PASQUIER est fondamentale et essentielle, elle se réfère aux éléments naturels - à la mer, au ciel, à l’eau, de la Bretagne en particulier - mais aussi à la vitalité de la terre, et à sa puissance d’action, aux rêveries de l’immensité comme aux rêveries de la volonté (...).

Le geste de PASQUIER, c'est la signature de son amour de la vie". 1998

(voir en page 2 l'article complet)

Mardi 17 janvier 2006
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"De PASQUIER on constate son étonnante et non exclusive familiarité aussi bien avec l'Ecole de Paris, qu'avec l'Art Informel ou l'Ecole de New York (...)".


Mardi 17 janvier 2006
"Il n'y a pas deux façons d'être soi-même il y en a mille, il n'y a donc actuellement qu'une façon de peindre : maîtriser ses nerfs et sa technique, connaître ses allergies et puisque si peu de maîtres contemporain ont daigné faire école, ignorer les autres en particulier et toutes les tendances en général, les plus gratuites comme les moins nulles, les possibles et les impossibles, enfin et surtout ignorer ou feindre d'ignorer les révolutionnaires académiques.

Ainsi l'on aura une faible chance de s'exprimer en dehors de toute contrainte sans ce soucier d'être dépassé, actuel ou visionnaire - c'est ce que font Noël et Clotilde PASQUIER -, quant est de les différencier je dirai que c'est un peu comme en optique, un changement de focale sur la même plaque car il vivent et peignent si près l'un de l'autre que leurs quatre yeux sont devenus interchangables comme ceux d'un animal fabuleux".
 







Ce texte est repris intégralement dans l'ouvrage de Gilles Verlant, biographe de Serge Gainsbourg, édité chez Albin MICHEL en 1985 et réédité de nombreuses fois depuis :

"Bon camarade, Serge signera la préface d'une des expos montées par Pasquier et sa femme Clotilde, à la galerie Rond-Point Elysées en 1968".

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